Rien à voir (1): critiques

Nouvelles vagues

par Dominique Olivier
in Voir (Québec), 26 février 1997

Réseaux ne pouvait évidemment pas ignorer le cinquantième anniversaire de la musique concrète. L’organisme québécois, fondé par les compositeurs électroacousticiens Robert Normandeau, Gilles G0beil et Jean-François Denis, se dévoue corps et âme pour faire entendre cette musique sur la place publique.

La troisième édition de Rien à voir organisée par Réseaux, qui se tenait la semaine dernière au Théâtre de la Chapelle, se devait donc de souligner cette date importante dans l’histoire de la musique: en 1948, le responsable du Studio d’essai de la radio française (anciennement ORTF), Pierre Schaeffer, prend conscience de la possibilité de manipuler les disques souples utilisés à l’époque pour graver les enregistrements faits en studio. Le disque devient de ce fait un matériau sonore en lui-même, le compositeur agissant directement sur la matière sonore, pour la première fois de l’histoire! Depuis, la musique concrète n’a cessé de se développer, techniquement et esthétiquement, les nouveaux moyens techniques apportant une plus grande liberté créatrice.

Dans l’esprit de cette célébration, Rien à voir (3) se voulait non seulement un hommage à ceux qui font vivre la musique concrète, mais aussi un parcours à travers les différents aspects de cet univers sonore multiple et foisonnant. Les invités de cette édition étaient choisis avec le souci de faire entendre à la fois certains grands «classiques» du répertoire, et ce que font les jeunes et moins jeunes créateurs d’aujourd’hui. Les invités en étaient Mark Wingate des États-Linis, Christian Calon de Montréal, Annette Vande Gorne de Belgique, plusieurs jeunes compositeurs, ainsi qu’un vétéran de la musique concrète, le Français Bernard Parmegiani. Les deux concerts du samedi 21 février étaient entièrement consacrés aux œuvres de ce grand compositeur qui a marqué l’évolution de la musique électroacoustique. Parmegiani, présent tout au long de ce Rien à voir, diffusait lui-même ses œuvres: Pour en finir avec le pouvoir d’Orphée (1971) et la Création du monde: Signe de vie (1986), Bidule en ré (1969), Violostries (1963), Entre-temps (1992) et Sonare (1996).

L’expérience était troublante. Dans une salle plus que pleine, les œuvres de Parmegiani, de la plus ancienne à la plus récente, ont transporté l’auditoire. la musique de ce créateur exigeant et fignoleur au possible s’étalait dans l’espace acoustique avec la plénitude des chefs-d’œuvre. Autant de pièces différentes, autant d’univers sonores à explorer les yeux fermés. Les transformations du son imaginées et réalisées par Parmegiani, bien que loin de l’anecdotique, nous racontent des histoires qui ne laissent jamais notre imagination vacante. Avec ses œuvres, Parmegiani accomplit un miracle: abolir la sensation du temps qui passe. N’est-ce pas le but ultime des œuvres musicales? Encore une fois, bravo Réseaux.

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Rien à voir?

par François Tousignant
in Le Devoir (Québec), 24 février 1997

La «communauté électroacoustique» était en fête en fin de semaine à Montréal. On n’a présenté pas moins de neuf concerts en quatre soirs dans la petite salle du Théâtre La Chapelle. Comme ce genre de manifestation est rare à Montréal, il faut reconnaitre avec plaisir que l’événement a été assez couru. C’est le type de soirées qui sont fascinantes car elles nous permettent d’entendre une interprétation autre de ce répertoire malheureusement négligé que celle figée sur le disque. Bien que ce dernier demeure toujours une porte ouverte sur ce répertoire, rien ne vaut une bonne écoute, calé en salle, comme pour les concerts instrumentaux.

On peut alors profiter à fond de la spatialisation de la musique, du volume des sonorités. Je ne parle pas seulement du niveau d’intensité sonore, mais encore plus du poids relatif des sonorités telles que retransmises par l’orchestre de haut-parleurs (qu’on nomme aussi acousmonium). J’ai donc eu la chance d’assister à deux concerts.

Je connaissais bien les pièces de Jonty Harrison. Au disque l’impression est plus que bonne. En salle, on est déçu. Si les œuvres ont toujours ce côté insolite de la non-régularité dans le temps et que le titillement cervical est encore stimulant, l’usage de l’acousmonium n’apporte que fort peu de choses sinon une profondeur dans la perspective avant-arrière du lieu du son. La sonorisation est belle et fort «agréable» à écouter: pas de coups d’assommoir gratuits, mais n’enrichit guère le propos. Le compositeur se révèle le être un interprète ordinaire on le regrette.

Une écoute plurielle

On ne saurait dire de même de Tu de Michel Chion. En virtuose de la mise en habitation de sa musique, Chion force une écoute plurielle. Les petites voix tournent dans l’espace et tissent un réseau de significations parallèles au texte dont le contenu est tout tiré de La Flûte enchantée. Le compositeur joue sur les attentes, les prévisions d’écoute, parfois les satisfaisant avec humour, souvent en leur donnant une orientation nouvelle.

L’univers sonore est moins inaccoutumé que Harrison. Chion fait encore et toujours du Chion, ce qui est loin d’être un défaut, et il joue de la séduction et du raffinement avec une maestria généreuse. Ici encore, il faut souligner la grande «humanité» de la sonorisation. Dans un tel environnement acoustique, l’oreille est stimulée et l’intelligence sollicitée sans ostentation superfétatoire. Alors on embarque dans l’univers de l’œuvre et le temps passe très vite. On aurait aimé que ce «mystère» dure longtemps encore… tant la matière semble riche sous ses apparences naïves. On pense un peu au meilleur Tournier qui s’adresse aux enfants, disant des choses d’apparence simple, mais ô combien profondes, sans que l’on sache exactement quoi. N’est-ce après tout pas là un des mystères de la musique?

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Le prisonnier du son à l'écoute

par Louise Leduc
in Le Devoir (Québec), 22 février 1997

Dans le café, ce jour-là, rue Saint-Denis, il y avait beaucoup de bruit Ou serait-ce de la musique? Le compositeur Michel Chion avait l’air attentif, mais l’était-il vraiment? Un musicien «concret» comme lui n’a-t-il pas les oreilles toujours à l’affût de quelque bruit de verres entrechoqués, de chaises qui craquent? Peut-on vraiment avoir l’attention d’un «prisonnier» du son comme stipule une de ses pièces? De la musique concrète, concrètement, c’est… «Je ne suis pas un reporter du son. Il en existe des tas dans l’enviromement mais le véritable travail de création consiste à les travailler électroniquement. En musique concrète comme en jazz, les sons sont aussi importants que les notes», explique Michel Chion dont le concert aujourd’hui au Théâtre La Chapelle viendra conclure une série de quatre soirs de musique électroacoustique. «Une fontaine, des bouts de métal, une voix tout peut être utilisé à ce qui ressemblera ultimement à une bande sonore de film. En concert, cette oeuvre, fixée et impossible à reproduire, sera jouée sur bande et amplifiée par quantité de haut parleurs. Si l’expérience du concert devient ainsi dépendante de support high-tech, la fabrication de l’œuvre est au contraire très manuelle. «Je n’aime pas faire de la musique devant un écran d’ordinateur amplifié par quantité de haut parleurs. J’ai besoin d’utiliser mes mains, agir sur les bandes, les faire bouger avec mes mains, un peu comme le font les rappers avec les tables tournantes. Que le résultat rappelle le cinéma s’explique aisément Michel Chion est lui-même réalisateur et a notamment été primé pour son court-métrage Eponime. Chion est aussi professeur d’un domaine neuf l’étude systématique des rapports audiovisuels, à Paris.

«Les étudiants des écoles de cinéma acquièrent une trés bonne culture picturale, mais il leur manque souvent ce qui fait la différence entre une bon et un mauvais film: l’utilisation judicieuse des sons et de la musique.»

Marginal

En bon pédagogue qu’il est, Michel Chion, conscient de la marginalité de son travail, multiplie les comparaisons aux autres formes d’art plus «conventionnelles». «Debussy a pu inventer quelque chose de nouveau et de beau en musique car il avait cet amour de la peinture et des objets. Les limites qu’il voyait à la peinture, il les repoussait en musique et a ainsi pu, par exemple, peindre en musique la tombée du soir.»

Et Michel Chion continue les exemples: Schubert qui écrivait sa musique en pensant à la littérature et à Goethe en particulier, Bergman qui a fait plusieurs films en s’inspirant de la musique. Michel Chion, lui, ne se gêne pas pour emprunter au cinéma et aux mots, qui lui servent de prétexte pour utiliser le son de la voix.

En arrivant au studio pour travailler, Michel Chion n’a évidemment aucune partition devant lui. Simplement quelques esquisses, quelques lignes directrices. L’improvisation fera le reste, si la reprise d’un même son 50 ou 100 fois peut être assimilée à une improvisation… «C’est amusant de constater à quel point les gens oublient que la musique classique comporte aussi une grande part d’improvisation. Sinon, comment Schubert aurait-il pu, à 35 ans, avoir composé 600 œuvres?»

Assistant personnel à une époque de l’inventeur de la musique concrète, le regretté Pierre Schaeffer, Michel Chion dit avoir hérité, comme lui, du doute. «Vers la fin de sa vie, il était devenu sombre et pessimiste et trouvait que l’art contemporain se complaisait trop dans l’inhumain. L’homme, très culpabilisé, craignait d’être allé trop loin.»

Cette remise en question n’a pas ébranlé pour autant son disciple Chion. «Certains artistes foncent comme des taureaux et croient que l’art contemporain doit tout écraser. Moi je me sens schaefferien justement parce que j’accepte mes doutes. C’est le rôle de l’artiste de permettre aux gens de vivre leurs contradictions, chose que ne permet plus la société. Tous ont pourtant leur moment de doute, leur moment d’hésitation entre le doute et la révolte, le goût de crier tantôt «vive Dieu», tantôt «à bas dieu.»

Michel Chion, lui, rêve d’entendre un jour les artistes dire honnêtement, à la télévision, qu’ils croient que leur travail est important, mais que parfois ils en doutent. Pour le reste, que sa musique ne soit ni comprise, ni acceptée par tous, tout de suite, ne l’inquiète pas. «Une œuvre, c’est comme une bouteille à la mer. Et il faut qu’elle touche les personnes une à une.»

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Rien à voir, tout à entendre

par Alain Brunet
in La Presse (Québec), 19 février 1997

Il n’y aura rien à voir et tout à entendre, dit le communiqué visant à faire mousser l’événement. À compter de ce soir et jusqu’à samedi, le Théâtre La Chapelle sera le théâtre de concerts acousmatiques. Pas de musiciens sur scène, que des musiques sur bande magnétique et leur compositeur à la console.

«On y va pour le rituel, pour partager avec d’autres une expérience sonore, pour jouir d’un traitement stéréophonique diffusé au maximum de son potentiel», soutient Jean-François Denis, tête de Réseaux, entreprise de production en musique électroacoustiques; il mène aussi les destinées de l’étiquette empreintes DIGITALes, spécialisée en musique électroacoustique, et qui vient de sortir toute une fournée de nouvelles galettes: Michèle Bokanowski, Dan Lander, Jonty Harrison, Sergio Barroso, Stéphane Roy, Hildegard Westerkamp, Philippe Mion, Francis Dhomont, Jon Appleton.

Aujourd’hui à 18h30, donc, les créateurs québécois associés Réseaux ouvrent le bal de Rien À Voir. Robert Normandeau et Gilles Gobeil sont au programme. «Nos deux plus forts», affirme Jean-François Denis, qui présentera lui-même une composition ce soir. À 20h30, second volet: le compositeur torontois Randall Smith, un autodidacte dont l’objectif est de produire une musique qui ait sur l’auditeur un impact semblable à celui qu’ont les images d’un film.

Demain, le Britannique Jonty Harrison présente un concert en deux volets: un premier essentiellement constitué de ses oeuvres, et un second où il diffuse en vrac des compositions de même courage: Denis Smalley, François Bayle, Bernard Parmegiani et Francis Dhomont.

Vendredi, place à Yves Daoust, fondateur de l’Association pour la création et la recherche en électroacoustique. Outre ses oeuvres, Daoust présentera le travait des compositeurs suivants: Sylvain Carette, Åke Parmerud et Paul Dolden.

Samedi, Rien à voir boucle la boucle avec le Français Michel Chion, Associé au fameux Groupe de recherches musicales ( GRM.), Chion a aussi beaucoup écrit sur le cinéma et la musique. «Un monument, dont l’approche musicale tient du mélodrame.»

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Agenda

par Louise Leduc
in Le Devoir (Québec), 17 février 1997

De mercredi à samedi: huit concerts de musique acousmatique seront présentés sur 20 haut-parleurs dans une ambiance de cabaret au Théâtre La Chapelle. Les fondateurs de réseaux, Jean-François Denis, Gilles Gobeil et Robert Normandeau et le Torontois Randall Smith présenteront leurs compositions mercredi, suivis de l’Anglais Jonty Harrison le lendemain, du Montréalais Yves Daoust vendredi et du Français Michel Chion samedi.

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À faire


in Le Devoir (Québec), 14 février 1997

Drôle de titre pour attirer les clients! Mais tel est le nom d’une série de concerts de musique acousmatique (mot attribué à Pythagore, qui dispensait, dit-on, son enseignement dissimulé derrière une tenture, afin de ne pas distraire son public) présentés sur un ensemble de 20 haut-parleurs dans une ambiance cabaret. Le premier concert aura lieu le mercredi 19 à 18h 30 et permettra d’entendre des œuvres sur bandes de Jean-François Denis, Gilles Gobeil, Robert Normandeau. Le second concert aura lieu le même soir, mais à 20h30, et permettra d’entendre Randall Smith. L’événement a lieu au Théâtre la Chapelle, à Montréal. D’autres événements auront lieu, jusqu’au 22 février. Renseignements: (514) 845-2821.

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Tout à entendre

par Dominique Olivier
in Voir (Québec), 13 février 1997

Un orchestre d’une vingtaine de haut-parleurs: voilà tout ce qu’il faut pour créer le rituel du spectacle cher aux organisateurs de ce festival de musique électroacoustique.

La musique électroacoustique québécoise a une double vie. D’une part, nos créateurs connaissent en Europe une renommée phénoménale, sont régulièrement couronnés des prix les plus prestigieux, voient leurs disques vendus dans de nombreux pays.

D’autre part, le Québec les ignore ou à peu près, les médias les boudent, les subventionneurs sont trop prudents. Robert Normandeau, un de nos compositeurs de musique acousmatique parmi les plus reconnus et les plus prolifiques, fait 95% de sa carrière en Europe et a reçu récemment le prix le plus important au monde en électroacoustique, le Golden Nica au Prix Ars Electronica en Autriche, l’équivalent musical du Goncourt. Résultat local: personne, ou presque, n’en a parlé. «Je dis que si Stravinsky était vivant, qu’il réside à Montréal et qu’il crée le Sacre du printemps, personne au Québec ne le saurait», déclare avec dépit le compositeur.

Le festival qu’organise Robert Normandeau avec ses collègues Jean-François Denis et Gilles Gobeil de la société de concerts Réseaux, intitulé Rien à voir (mais tout à entendre…), veut contrer le manque de présence de la musique acousmatique dans le milieu musical montréalais. L’acousmatique, mot attribué à Pythagore, était utilisé pour désigner l’enseignement du maître qui se dissimulait derrière une tenture afin que ses disciples ne soient pas distraits par sa présence physique.

Aujourd’hui, pour éviter la confusion avec les musiques électroacoustiques de scène ou d’instruments transformés, le terme de musique acousmatique est utilisé pour désigner une musique ou un art des sons projetés qui «se tourne, se développe en studio, se projette en salle, comme le cinéma». Ce véritable cinéma pour l’oreille, comme le désigne volontiers Robert Normandeau, gagne beaucoup à être présenté en salle, malgré son caractère purement sonore.

«Dans le festival, il s’agit essentiellement de musique acousmatique, ce qui est fondamental puisque nous avons décidé, mes collaborateurs et moi, de nous spécialiser dans ce domaine, explique Normandeau. C’est donc une musique entièrement écrite, si on peut dire, sur support. Le titre Rien à voir désigne très précisément ce concept: le concert acousmatique, ce n’est pas un spectacle, mais un événement dans lequel tout l’accent est mis sur l’écoute. Dans les concerts du festival, il y aura un orchestre d’une vingtaine de haut-parleurs.»

Pour le compositeur et organisateur de concerts, il s’agit de la poursuite d’un travail effectué durant plusieurs années au Planétarium, dans le cadre des concerts de l’ACREQ. «Même si certains le décrient, je crois que la formule concert est encore la meilleure pour ce type de musique parce qu’elle apporte la notion de rituel. Et dans le rituel, il y a la fréquentation des autres humains. Je pense que quand on se retrouve à plusieurs dans un même lieu pour la même raison, ça donne une qualité d’écoute et d’attention qu’on ne retrouve dans aucune autre circonstance. C’est là que la fréquentation de la musique prend tout son sens, que se font les vrais coups de coeur, les vraies révélations.»

Normandeau utilise sans complexe la métaphore du cinéma pour faire comprendre l’attrait du concert acousmatique. Le disque, c’est la cassette vidéo. Le concert, c’est la salle de cinéma: «Quand on a l’orchestre de haut-parleurs, on est tout à coup en cinémascope, s’émeut le compositeur. Il y a une spatialisation et une interprétation qui déploient en quelque sorte cette musique dans l’espace et, tout à coup, on est dans un lieu qui disparaît et qui devient musique. Si on a un bon équipement, il disparaît lui aussi, et on a seulement la musique autour de soi.»

Touché par l’accueil des gens du Théâtre La Chapelle, Normandeau tient beaucoup à l’approche «cabaret» du festival, qui permet une plus grande souplesse et qui ne nuit en rien, au contraire, à la qualité d’écoute du public. Son seul regret tient à la formule festival, à laquelle il ne croit pas. «Les organismes qui font de la production en art contemporain finissent toujours par en arriver à cette formule parce que c’est moins coûteux. Nous le faisons par défaut, parce qu’au départ l’ensemble des événements qu’on a regroupés en quatre jours devait s’étaler sur une saison complète, ce qui aurait permis une présence ponctuelle et régulière. La formule festival, ça marche bien pour les médias…»

Lorsqu’il évoque le montant alloué pour l’ensemble de l’événement, Normandeau ne cache pas qu’il le trouve parfaitement ricidule: douze mille dollars pour huit concerts! Le bénévolat, c’est beau, mais c’est essoufflant… Le choix des compositeurs étrangers invités, lui aussi, est déterminé par cet aspect extrêmement prosaïque. «Nous avons choisi des compositeurs que nous considérons comme important, mais avec lesquels nous avons également des relations amicales de longue date, des gens auxquels nous pouvons dire que les conditions ne sont pas les meilleures au monde. Les compositeurs québécois sont très fréquemment invités à l’étranger, mais nous pouvons très difficilement leur rendre la pareille», déplore l’organisateur.

Outre les trois directeurs artistiques du festival, Robert Normandeau, Gilles Gobeil et Jean-François Denis dont nous entendrons quelques oeuvres le soir du 19 février entre 18h30 et 20h30, nous pourrons écouter des oeuvres des compositeurs invités Randall Smith de Toronto (le 19), Jonty Harrison du Royaume-Uni (le 20), du Québécois Yves Daoust (le 21) et du Français Michel Chion (le 22). Il y aura deux concerts par soirée, un à 18h30 et un à 20h30, toujours au Théâtre de la Chapelle. À partir du 20, des rencontres avec les compositeurs, animées par Bertrand Roux, se tiendront au même endroit, à 17h15.

Cuvée empreintes DIGITALes

L’étiquette de disques empreintes DIGITALes, dirigée par Jean-François Denis, lançait cette semaine sa toute dernière cuvée, produite en 96. Dix nouveaux titres s’ajoutent à la collection déjà abondante de disques consacrés à l’électroacoustique québécoise et étrangère. Cirque de Michèle Bokanowski, Zoo de Dan Lander, Articles indéfinis de Jonty Harrison (un des compositeurs invités à Rien à voir…), Délirantes de Sergio Barroso, Kaleidos de Stéphane Roy, Transformations de Hildegard Westerkamp, Léone de Philippe Mion, Sous le regard d’un soleir noir et Forêt profonde de Francis Dhomont et, finalement, Contes de la mémoire de Jon Appleton. En plus, trois rééditions s’ajoutent à cette liste impressionnante: Électro clips par vingt-cinq compositeurs, le Cycle de l’errance et Les Dérives du signe de Francis Dhomont. À suivre, et bonne écoute!

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Page serie@r1.press générée à Montréal le mardi 30 septembre 2008.
Conception et mise à jour: DIM

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