Trois petites histoires concrètes (1998), 12m59s

Stéphane Roy

À Pierre Schaeffer

Trois petites histoires concrètes met en scène trois grands thèmes issus de la démarche concrète: l’acousmatique, le tournage sonore et l’exploration de l’espace.

1) Ruptures. Triste rupture! C’était pourtant un hymen légitime: le son et l’objet auquel il renvoie comme indice ou signifiant. Une union dont on pourrait clamer l’absolue nécessité. Ce Pierre Schaeffer a lancé un pavé dans la marre et fait perdre cause et sens aux grenouilles, au point de les rendre totalement acousmatiques. Mais, éclaboussé que nous sommes, réjouissons-nous de notre acousmatisme chronique qui nous a ouvert de nouveaux horizons. Célébrons le sillon fermé mais ô combien fertile et le chromatisme d’une cloche sonnant le deuil de son attaque, incidents «concrets» s’il en est, qui transcendent le rapport à l’objet.

2) Micro-confidences ou, sur un mode plus intime encore, Confidences sur… le micro. Le micro, son cadrage, son effet grossissant favorisent la captation de petits frottements, glissement et chuchotements qui, saisis au vol, exacerbent la sensualité de l’ouïe et modulent l’intensité dramatique de l’œuvre. Micro-confidences commémore l’avènement du tournage sonore et de la phonographie, grands complices de cette infidélité aux corps sonores que l’on pratique depuis 50 ans dans des chambres closes, parfois même au fond d’un placard.

3) Pythagorizons. Pythagore, un timide? L’opacité du rideau derrière lequel il se cachait servait à donner transparence et profondeur à son enseignement. Oserai-je comparer ce rideau mythique à la gueule sombre et austère des pelotons de haut-parleurs dont notre musique fait aujourd’hui usage? Ces propagateurs apathiques crient, rugissent, chuchotent et chantent pourtant notre concrétitude depuis 50 ans avec la plus fidèle «opacité». Ce «rideau» de boîtes et de cônes dissimule pour mieux nous faire rêver, errer, pour mieux nous égarer aux confins des horizons du sonore. Soliste malgré lui des premières musiques concrètes, le haut-parleur s’est démultiplié et forme aujourd’hui un «orchestre» qui confère aux œuvres des colorations multiples et de folles trajectoires cinétiques, pour que se conjuguent les horizons de l’imaginaire et ceux de l’espace sonore.

Trois petites histoires concrètes est une commande de Réseaux. L’œuvre a été réalisée dans le studio de l’auteur à Saint Louis au Missouri.

Exécutions

Rien à voir (4) concert solo + carte blanche Rien à voir (4)
mercredi 28 octobre 1998
Stéphane Roy: concert solo + carte blanche
• création
Voyages: Dublin - Montréal Dublin — Montréal: Électro Voyages: Dublin - Montréal
jeudi 14 mars 2002
Dublin — Montréal: Électro
iConcerts (Saison 1: 2003) iConcert 5 (Oswald + Rocheleau + S Roy) iConcerts (Saison 1: 2003)
lundi 7 juillet 2003
iConcert 5 (Oswald + Rocheleau + S Roy)
Rien à voir (14) + Stéphane Roy Rien à voir (14)
jeudi 16 octobre 2003
Luigi Ceccarelli: + Stéphane Roy
English

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