Annette Vande Gorne

concert solo

Vendredi 20 février 1998, 18h30

La Chapelle 3700, rue Saint-Dominique [métro Sherbrooke + autobus 144 / métro Saint-Laurent + autobus 55 Nord] Montréal, Québec

Ces deux concerts signalent quelques uns des éléments essentiels, selon moi, de l’acousmatique, en tant que langage, moyen de communication, monde en soi. La relation à l’imaginaire de l’auditeur passe par le connu, le connoté. L’image, l’icône (i-son, selon la terminologie de François Bayle) s’utilise pour sa valeur propre (paysage), ou comme porteuse de sens, selon le contexte (métaphore, mé-son), ou encore comme modèle d’un développement sonore abstrait (diagramme, di-son), développement que je préfère énergétique, dynamique.

La narrativité est une autre clé de l’imaginaire. Quand un texte (et une voix, avec son expression) supporte le sens, les êtres sonores, aussi abstraits soient-ils, sont investis d’un potentiel expressif considérable, parce qu’en relation à un monde ouvert par les mots (c’est d’ailleurs un truisme, largement utilisé par le madrigal, l’opéra …). En l’absence de texte et d’image référencée, la narrativité donne l’occasion au compositeur d’expérimenter l’efficacité de la transposition sonore d’archétypes.

Les énergies, la vie interne des sons captés par micro, voilà ce qui m’a immédiatement convaincue de l’intérêt de l’acousmatique, comme moyen de communication plus universel. Penser et ressentir la musique avec des archétypes physiques: percussion/résonance, frottement, oscillation, rotation, flux, accumulation de corpuscules, rebond, flexion etc. sont autant de strates de renouvellement radical de la perception et de l’invention musicales.

Enfin, parce qu’elle demande une écoute elle aussi radicale — rien à voir —, la musique acousmatique intègre naturellement l’espace réel et figuré (externe et interne selon Michel Chion), et son corollaire, le mouvement, comme valeurs architecturant formes, textures et discours. L’espace comme cinquième paramètre musical. L’imaginaire de l’espace se laisse alors, après son écriture en studio, déployer et interpréter en un jeu de figures statiques et dynamiques qui outrepassent le lieu d’écoute. Le concert redevient donc une fête unique et nécessaire. Bon voyage au pays des sons libres et fixés.

— Annette Vande Gorne, février 1998.

Programme

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